Présidentielle 2022
Les promesses d'Emmanuel Macron
Mandat 14 mai 2022 → en cours
Pouvoir d’achat
- Tripler le plafond de la prime dite « Macron », exonérée de cotisations et d'impôt.Réalisée : La loi pouvoir d'achat du 16 août 2022 remplace la prime exceptionnelle par la prime de partage de la valeur (PPV), dont le plafond d'exonération passe de 1 000 à 3 000 euros (6 000 euros avec un accord d'intéressement). L'exonération d'impôt sur le revenu, prévue en 2022 et 2023 sous plafond de salaire, a ensuite été réduite.
- Rendre obligatoire un dispositif de partage des profits (prime, participation ou intéressement) dans les entreprises qui versent des dividendes.Partiellement réalisée : La loi du 29 novembre 2023, qui transpose l'accord national interprofessionnel sur le partage de la valeur, impose depuis le 1er janvier 2025 aux entreprises de 11 à 49 salariés au moins un dispositif de partage lorsqu'elles sont bénéficiaires trois années de suite. Le critère retenu est le bénéfice et non le versement de dividendes, et la participation restait déjà obligatoire à partir de 50 salariés.
- Supprimer la redevance audiovisuelle tout en garantissant l'indépendance de l'audiovisuel public.Réalisée : La contribution à l'audiovisuel public a été supprimée dès 2022 par la loi de finances rectificative du 16 août 2022. L'audiovisuel public est depuis financé par une fraction de TVA, mécanisme pérennisé par une loi organique de 2024.
- Verser automatiquement les aides sociales (prime d'activité, allocations familiales, APL, RSA) à ceux qui y ont droit : la « solidarité à la source ».En cours : Depuis le 1er mars 2025, les déclarations trimestrielles de ressources du RSA et de la prime d'activité sont préremplies à partir du montant net social déclaré par les employeurs. Les aides ne sont pas pour autant versées sans demande : l'extension du préremplissage aux premières demandes et à d'autres prestations est engagée en 2026.
Fiscalité et budget
- Relever à 150 000 euros par enfant l'abattement sur les droits de succession et à 100 000 euros pour les autres membres de la famille.Non réalisée : L'abattement en ligne directe reste fixé à 100 000 euros par enfant. La mesure n'a figuré dans aucune loi de finances adoptée depuis 2022, y compris celle pour 2026.
Économie et entreprises
- Réduire les impôts de production, notamment en supprimant la CVAE pour toutes les entreprises.Partiellement réalisée : La CVAE a été réduite de moitié en 2023 puis baissée par étapes, mais sa suppression a été reportée de 2024 à 2027, puis à 2030 par la loi de finances pour 2025. L'accélération à 2028 votée par les députés à l'automne 2025 n'a pas été retenue : la fin de la CVAE reste prévue pour 2030.
- Achever la couverture numérique du territoire par la fibre d'ici 2025.Partiellement réalisée : Au 31 décembre 2025, 42,4 millions de locaux étaient raccordables à la fibre optique, soit 94,3 % des locaux, et près de 2,6 millions restaient à raccorder. Le rythme de déploiement ralentit selon l'Arcep.
Travail et emploi
- Atteindre le plein emploi au cours du mandat.Non réalisée : Le taux de chômage au sens du BIT est remonté à 8,1 % au premier trimestre 2026 puis à 8,3 % au deuxième trimestre 2026 selon l'Insee, son plus haut niveau depuis 2020-2021. L'objectif n'est pas atteint à ce jour.
- Conditionner le RSA à une activité effective favorisant l'insertion.Réalisée : La loi pour le plein emploi prévoit un contrat d'engagement avec au moins 15 heures d'activité hebdomadaire pour les allocataires du RSA, modulable selon la situation. L'inscription automatique à France Travail et cette obligation sont généralisées depuis le 1er janvier 2025.
- Transformer Pôle emploi en « France Travail » en mutualisant les forces de l'État, des régions, des départements et des communes.Réalisée : France Travail a remplacé Pôle emploi le 1er janvier 2024, avec un réseau associant l'État et les collectivités. Les allocataires du RSA y sont inscrits automatiquement depuis 2025.
- Rendre l'assurance chômage plus stricte quand les emplois non pourvus sont nombreux et plus généreuse quand le chômage est élevé.Réalisée : La loi du 21 décembre 2022 permet de moduler par décret les règles d'indemnisation selon la conjoncture. Depuis le 1er février 2023, la durée maximale d'indemnisation est réduite de 25 % tant que le taux de chômage reste sous 9 %.
- Créer un « compte épargne-temps universel » permettant de monétiser ou de reporter RTT et congés.Non réalisée : Le compte épargne-temps universel a été inscrit à la négociation interprofessionnelle sur le « pacte de la vie au travail », qui a échoué en avril 2024. Un accord sur le CETU a ensuite été signé le 23 avril 2024 par l'U2P et plusieurs syndicats, sans le Medef ni la CPME ; aucun texte législatif créant ce compte n'a été adopté depuis.
Société
- Garantir une solution de garde accessible à tout parent d'un enfant de moins de trois ans.Partiellement réalisée : La loi pour le plein emploi crée un service public de la petite enfance : depuis le 1er janvier 2025, les communes sont autorités organisatrices de l'accueil du jeune enfant. Le texte ne crée pas de droit opposable à une place d'accueil, et l'objectif gouvernemental de 200 000 places nouvelles est fixé à 2030.
- Déployer le service national universel (SNU) pour les jeunes.Abandonnée : La généralisation du SNU, annoncée en janvier 2024, n'a pas eu lieu. Le Premier ministre a annoncé le 19 septembre 2025 la suppression de sa délégation au 1er janvier 2026, dans un contexte de mise en extinction du dispositif. Un nouveau service national militaire volontaire de 10 mois, créé par la loi du 16 août 2026, a accueilli 3 000 premiers appelés en septembre 2026.
- Lancer des États généraux du droit à l'information pour lutter contre les ingérences et protéger le travail des journalistes.Réalisée : Les États généraux de l'information, lancés en octobre 2023, ont rendu le 12 septembre 2024 un rapport comportant quinze propositions.
Retraites
- Relever progressivement l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans.Partiellement réalisée : La réforme de 2023, adoptée après recours à l'article 49.3, porte l'âge légal à 64 ans et non 65, avec une durée de cotisation de 43 ans. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, votée sous le gouvernement Lecornu, suspend ce calendrier jusqu'en janvier 2028 pour les pensions liquidées à partir du 1er septembre 2026.
- Supprimer les principaux régimes spéciaux de retraite (EDF, RATP...) pour les nouveaux entrants.Réalisée : La réforme de 2023 ferme les régimes spéciaux des industries électriques et gazières, de la RATP, de la Banque de France et des clercs de notaires aux personnes embauchées à partir du 1er septembre 2023, affiliées au régime général.
- Porter la pension minimale à taux plein à 1 100 euros par mois.Partiellement réalisée : La réforme de 2023 indexe le minimum contributif majoré sur le Smic pour viser environ 85 % du Smic net, soit près de 1 200 euros bruts, mais seulement pour une carrière complète cotisée à temps plein au Smic. Les retraités ne remplissant pas ces conditions ne bénéficient pas de ce niveau.
- Rendre le cumul emploi-retraite plus simple et plus avantageux.Réalisée : Depuis le 1er septembre 2023, un retraité en cumul emploi-retraite intégral peut acquérir de nouveaux droits et obtenir une seconde pension, dans la limite d'un plafond. Les conditions de cumul des agents publics ont été alignées sur celles du privé.
Santé
- Proposer un bilan de santé complet et gratuit aux âges clés de la vie.Réalisée : Le dispositif « Mon bilan prévention », pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie, est déployé dans toute la France depuis 2024 pour les 18-25, 45-50, 60-65 et 70-75 ans. Il est réalisé par des médecins, infirmiers, pharmaciens, sages-femmes et, depuis 2026, kinésithérapeutes.
- Recruter 50 000 infirmiers et aides-soignants supplémentaires en Ehpad d'ici 2027.Partiellement réalisée : Les recrutements ont été engagés par tranches annuelles financées par les lois de financement de la sécurité sociale (6 000 postes supplémentaires ouverts en 2024, 6 500 annoncés pour 2025), mais l'échéance de l'objectif de 50 000 a été repoussée de 2027 à 2030.
- Lancer une convention citoyenne sur la fin de vie associant citoyens, spécialistes de l'éthique et professionnels.Réalisée : La Convention citoyenne sur la fin de vie, réunie de décembre 2022 à avril 2023 au Cese avec 184 citoyens tirés au sort, s'est prononcée majoritairement pour une aide active à mourir. Le Parlement a ensuite adopté la loi relative au droit à l'aide à mourir, validée par le Conseil constitutionnel le 14 août 2026 et promulguée le 18 août 2026, ainsi qu'une loi sur les soins palliatifs du 26 mai 2026.
- Appuyer les médecins en permettant aux pharmaciens et aux infirmiers de réaliser davantage de prescriptions et d'actes.Réalisée : La loi Rist du 19 mai 2023 ouvre un accès direct, sans passer par un médecin, aux infirmiers en pratique avancée, kinésithérapeutes et orthophonistes exerçant en structure coordonnée, et élargit les compétences de plusieurs professions, dont les pharmaciens. Le périmètre initial a été réduit au Sénat.
Éducation
- Instaurer 30 minutes d'activité physique par jour à l'école primaire dès 2022.Réalisée : Après une expérimentation, le ministère indique que le dispositif est généralisé à toutes les écoles élémentaires depuis la rentrée 2022 (note de service du 27 juillet 2022) ; vie-publique.fr date cette généralisation de la rentrée 2023. Selon la ministre des Sports, 85 % des écoles l'appliquaient en septembre 2023, et un rapport du Sénat de septembre 2024 juge sa mise en œuvre parcellaire. Le volet « 2 heures en plus au collège » n'est pas couvert par ces sources.
- Proposer à tous les enseignants un « pacte » associant de nouvelles missions à des rémunérations augmentées.Réalisée : Le Pacte enseignant est en place depuis la rentrée 2023 : les volontaires signent une lettre de mission (remplacements courts, Devoirs faits, soutien) rémunérée par une indemnité. Environ 30 % des enseignants y avaient adhéré début 2024 selon le Premier ministre de l'époque.
- Faire du lycée professionnel une voie d'excellence : augmenter de 50 % les périodes de stage et rémunérer les élèves.Partiellement réalisée : Depuis la rentrée 2023, l'État verse aux lycéens professionnels une allocation de 50 à 100 euros par semaine de stage. La hausse de plus de 50 % de la durée des stages ne concerne que les élèves de terminale qui choisissent l'insertion directe dans l'emploi.
- Augmenter les heures de français et de mathématiques et remettre les mathématiques dans le tronc commun du lycée.Réalisée : Depuis la rentrée 2023, une heure et demie de mathématiques par semaine est ajoutée au tronc commun pour les élèves de première générale n'ayant pas choisi la spécialité, dans le cadre du « Plan mathématiques ».
Sécurité et justice
- Recruter 8 500 magistrats et personnels de justice supplémentaires d'ici 2027.En cours : La loi d'orientation et de programmation de la justice 2023-2027 prévoit 10 000 recrutements d'ici 2027, dont 1 500 magistrats et 1 800 greffiers, et un budget porté à près de 11 milliards d'euros. La programmation court jusqu'en 2027 ; aucun bilan consolidé des recrutements effectifs n'a été retenu dans ces sources.
- Achever le doublement de la présence des forces de l'ordre sur la voie publique et déployer 200 nouvelles brigades de gendarmerie.En cours : La loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur fixe l'objectif de 200 brigades, porté à 238 lors de la présentation de la carte en octobre 2023. Selon une question écrite d'un député publiée par l'Assemblée nationale, 80 brigades ont été créées en 2024 et les ouvertures prévues en 2025 ont été reportées.
Immigration
- Poursuivre la refonte de l'asile et du droit au séjour pour décider plus vite et expulser plus efficacement les personnes non éligibles.Réalisée : La loi du 26 janvier 2024 réforme le contentieux des étrangers, l'organisation de l'asile et les règles d'éloignement. Le Conseil constitutionnel a censuré 35 articles, pour l'essentiel ajoutés au Sénat. Une loi du 27 juillet 2026 a depuis renforcé la rétention administrative.
- Réserver les titres de long séjour aux étrangers qui réussissent un examen de français et s'insèrent professionnellement.Partiellement réalisée : La loi de 2024 exige un niveau minimal de français (A2) pour une première carte de séjour pluriannuelle et relève le niveau requis pour la carte de résident et la naturalisation ; un examen civique s'y ajoute depuis le 1er janvier 2026. Aucune condition générale d'insertion professionnelle n'a été instaurée.
Écologie et énergie
- Mettre en place une planification écologique pilotée au niveau national et déclinée par secteur et par territoire.Réalisée : Un secrétariat général à la planification écologique, placé auprès du Premier ministre, est créé par décret du 7 juillet 2022. Il coordonne les stratégies climat et énergie et leur déclinaison dans des « COP régionales », dont un rapport parlementaire de 2026 juge l'application au niveau communal difficile.
- Poursuivre la construction de six réacteurs nucléaires de nouvelle génération (EPR2).En cours : La loi du 22 juin 2023 accélère les procédures pour construire de nouveaux réacteurs sur des sites existants, et la programmation pluriannuelle de l'énergie publiée en février 2026 inscrit six EPR2 et huit en option. La décision finale d'investissement d'EDF était attendue avant fin 2026 et la première mise en service est visée vers 2038.
- Multiplier par dix la puissance solaire et implanter 50 parcs éoliens en mer d'ici 2050.En cours : L'objectif fixé pour 2050 est de 45 GW d'éolien en mer. La programmation pluriannuelle de l'énergie de février 2026 accélère l'éolien en mer mais revoit à la baisse les objectifs de l'éolien terrestre et du solaire par rapport à la précédente programmation.
- Rénover 700 000 logements par an.Partiellement réalisée : Les aides MaPrimeRénov' ont financé 340 801 rénovations en 2024 et 307 731 en 2025, dont une part croissante de rénovations d'ampleur. Le guichet des rénovations d'ampleur a été suspendu de juin à septembre 2025. Le rythme reste inférieur à l'objectif annuel de 700 000.
- Proposer une offre abordable de voitures électriques pour tous grâce à une filière française.Partiellement réalisée : Le « leasing social » permet aux ménages modestes de louer une voiture électrique neuve à loyer réduit : 50 000 dossiers en six semaines en 2024, plus de 41 500 véhicules loués lors de l'édition 2025, reconduction à partir du 16 juillet 2026. Le dispositif est contingenté et n'est pas réservé à une production 100 % française.
Europe et international
- Mettre en œuvre une taxe carbone aux frontières de l'Europe.Réalisée : Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'Union européenne, adopté par règlement du 10 mai 2023, est entré en phase définitive le 1er janvier 2026 après une période transitoire déclarative. Une ordonnance du 29 avril 2026 en adapte l'application en France.
- Poursuivre l'objectif de 2 % du PIB consacré aux dépenses militaires et moderniser les armées d'ici 2030.Réalisée : La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit 413 milliards d'euros. Le budget de la défense a atteint 2 % du PIB en 2025, et la loi d'actualisation du 16 août 2026 ajoute 36 milliards d'euros sur 2026-2030, avec un objectif de 5 % du PIB d'ici 2035.
- Doubler le nombre de réservistes opérationnels des armées d'ici 2027.En cours : La loi de programmation militaire 2024-2030 fixe l'objectif de 80 000 réservistes opérationnels en 2030, soit un doublement repoussé de 2027 à 2030. Les armées comptaient environ 48 600 réservistes au 31 octobre 2025, au-dessus de la cible intermédiaire de 47 600.
Institutions
- Moderniser les institutions par une convention transpartisane, notamment pour mieux représenter la diversité des sensibilités au Parlement.Non réalisée : Aucune convention transpartisane n'a été instituée ; les « rencontres de Saint-Denis » de 2023 avec les chefs de partis ont abordé les réformes institutionnelles sans aboutir à une révision constitutionnelle. L'introduction de la proportionnelle aux législatives, défendue par François Bayrou en 2025 et appuyée par une résolution non contraignante du Sénat, n'a fait l'objet d'aucune loi adoptée à ce jour.
Logement
- Créer une « Prime Adapt' » finançant, selon les ressources, jusqu'à 70 % des travaux d'adaptation du logement des personnes âgées.Réalisée : MaPrimeAdapt', gérée par l'Anah, est ouverte depuis janvier 2024 aux personnes de 70 ans et plus et aux personnes en perte d'autonomie ou handicapées, avec une prise en charge pouvant atteindre 70 % des travaux pour les ménages les plus modestes. L'objectif 2025 était de 45 000 logements adaptés.
Agriculture
- Adopter une loi d'orientation et d'avenir pour le renouvellement des générations, la formation et l'installation des jeunes agriculteurs.Réalisée : La loi d'orientation agricole, présentée en avril 2024, retardée par la dissolution, a été définitivement adoptée le 20 février 2025 et promulguée le 24 mars 2025. Elle crée notamment un guichet unique « France Services Agriculture » pour l'installation et la transmission. Une loi d'urgence agricole a suivi le 18 août 2026.
Programme d'origine
Emmanuel Macron, Avec vous : programme présidentiel 2022 (document de 24 pages) ↗
Promesses issues des programmes officiels, citées mot pour mot. Statut établi à la fin du mandat (au 25 octobre 2026 pour le mandat en cours) à partir de lois, décrets ou chiffres officiels, chacun étayé par deux sources vérifiées automatiquement. Promesses tenues : réalisées + moitié des partielles, rapportées aux promesses évaluées (hors en cours). Promesses engagées : part des promesses réalisées, partielles ou en cours.
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Hémicycle relate des faits publics et sourcés, sans prendre parti. Mise à jour : 31 octobre 2026.